Jérémie Minani :« Nous sommes déçus »

Jérémie Minani :« Nous sommes déçus »

Cette plateforme de l’opposition burundaise avait placé ses espoirs dans ce grand rendez-vous des leaders africains. Elle se dit déçue par les conclusions de cette ’’grand-messe’’.

Elle attendait des mesures concrètes pour la relance des pourparlers inter-burundais sous la médiation sous régionale, aujourd’hui au point mort. Le Cnared tablait également sur ce sommet pour qu’il y ait coup d’envoi ou feu vert au déploiement d’une force de maintien de la paix au Burundi, une promesse faite le Conseil de paix et de sécurité de l’UA.

«Rien de tout cela», se désole le porte-parole du Cnared, Jérémie Minani. «Nous sommes déçus par la décision de ce sommet des Chefs d’Etats de ne pas autoriser le déploiement de la Maprobu (Mission de prévention et de protection au Burundi) pour protéger la population civile burundaise en péril imminent».

Ce qui est choquant surtout, explique-t-il, c’est le fait que les chefs d’Etats ont jugé que l’envoi de cette force serait prématuré. «On se demande alors combien de morts il leur faut pour juger que c’est le moment d’intervenir».

«Avec plus de 1200 morts,  des centaines de disparitions forcées, plus de 6.000 détentions arbitraires, près de 300.000 réfugiés, comment peut-on juger que c’est prématuré pour intervenir spécialement lorsque les négociations censées résoudre cette crise sont au point mort à cause de l’obstination de Bujumbura ?», se demande le porte-parole du Cnared.

D’après lui, cette décision de l’AU ouvre la porte à une nouvelle guerre civile au Burundi parce qu’une partie de la population burundaise ne se laissera pas exterminer dans un silence absolu de l’ensemble de la Communauté internationale spécialement des pays africains.

Pour le Cnared, ’’il faut  une force internationale capable de protéger la population et neutraliser l’action des milices et des éléments des forces de défense et de sécurité acquis à la cause du président Nkurunziza.

Et de conclure par une sorte de mise en garde : «Si rien n’est fait et si les négociations inclusives ne sont relancées,  il est normal que la partie de la population abandonnée à son sort et en proie aux exactions de toute nature, va s’organiser pour se défendre, la porte sera donc ouverte au chaos».

Signalons que le deuxième vice-président de la République, Joseph Butore, l’émissaire du président Nkurunziza à ce sommet, est rentré ce lundi satisfait. «Du moment que le déploiement de cette Force de maintien de la paix au Burundi a été mis de côté, c’est une bonne occasion de poursuivre le dialogue sans exclusion, à l’intérieur et même à l’extérieur du pays», a-t-il promis.

Selon lui, les chefs d’Etat ont mis un accent sur ces pourparlers avec un message clair : «Nous mettons en veilleuse la Maprobu mais il faut vous atteler à ces pourparlers pour trouver une solution durable à la crise actuelle», a-t-il rappo

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