La sécheresse qui sévit actuellement au Malawi contraindra le pays à prendre des mesures hardies pour ne pas connaître la famine. Alors que Lilongwe est traditionnellement un exportateur net de céréales, le pays est désormais contraint d’importer un million de tonnes de maïs (soit dix fois plus que le niveau habituel) afin de satisfaire sa demande interne.

Cette situation intervient alors que la dernière récolte ne représente que 40% de la précédente. Le pays, qui se voit obligé de se tourner vers le marché mondial dans un contexte où l’Afrique du Sud (principal producteur de la région) est elle aussi en proie à un important déficit, a dû adoucir ses restrictions. Ainsi, alors que le Malawi a interdit l’importation d’organismes génétiquement modifiés (OGM), il pourrait faire exception à cette mesure afin de nourrir ses 17 millions d’habitants.

En outre, les marchés internationaux ne pourront lui fournir que du maïs jaune, une variété traditionnellement utilisée dans le sud de  l’Afrique pour l’alimentation du bétail plutôt que pour la consommation humaine. En effet, hors de cette région, peu de pays produisent le maïs blanc qui y est consommé, et le Malawi subira dans cette course à la céréale la concurrence de l’Afrique du sud qui désire acquérir 1,2 millions de tonnes pour sa demande intérieure.

Enfin, si Lilongwe parvenait à trouver son bonheur, il lui resterait encore à relever des défis logistiques. Petit pays enclavé, le Malawi dépend de ses voisins disposant d’une façade maritime, notamment le Mozambique, pour ses importations. Or les experts s’interrogent aujourd’hui sur les capacités des ports de Nacala et de Beira à faire transiter plus d’un million de tonnes de maïs sans encombre. Selon Edward George, qui dirige la recherche sur les matières premières agricoles au sein de la banque panafricaine Ecobank, «la logistique est correcte dans le nord du Mozambique qui est également une région productrice de maïs. Cependant, le Malawi n’importe pas d’ordinaire d’aussi grands volumes par ce chemin. Aussi les flux pourraient-ils connaître des perturbations en raison de contraintes de capacité».

(Agence Ecofin)

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